Information about Sub-Saharan Africa África subsahariana
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3. Secteur financier: risques, développement et inclusion

Author(s):
Dalia Hakura, Adrian Alter, Matteo Ghilardi, Rodolfo Maino, Cameron McLoughlin, and Maximilien Queyranne
Published Date:
March 2015
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Depuis l’éclatement de la crise financière mondiale, l’Afrique subsaharienne s’affirme comme une région à forte croissance. Elle attire les investisseurs du monde entier et améliore le niveau de vie de ses populations. Cependant, l’accès limité à la finance continue de faire obstacle à la progression des niveaux de vie et à la réduction de la pauvreté.

Parvenir à concilier la stabilité financière, la gestion des risques financiers et la promotion d’un environnement de concurrence et d’inclusion financière revêt une importance cruciale. D’une part, l’inclusion financière—la part de la population et des entreprises ayant accès aux services financiers—peut contribuer à faire reculer la pauvreté en atténuant les contraintes de crédit qui pèsent sur les pauvres. De manière plus précise, lorsque les marchés s’ouvrent, la finance peut aider les petites entreprises, les particuliers et les ménages à trouver de nouveaux débouchés. En outre, les particuliers et les entreprises qui ont accès aux produits financiers sont mieux à même de gérer leurs risques (par exemple, prêts pour lisser la consommation et acheter des biens durables ainsi que des produits d’assurance agricole). D’autre part, le développement financier ne signifie pas qu’il faille relâcher les normes de crédit. Une croissance rapide du crédit, une faible supervision ou un dispositif réglementaire défectueux peuvent rapidement provoquer une instabilité financière.

En 2012, près des trois quarts de la population adulte d’Afrique subsaharienne n’avait aucun accès aux services financiers formels, tandis que dans le reste du monde environ 50 % des adultes disposaient d’un compte financier formel. Les indices de la République du Congo en matière de développement et d’inclusion financiers sont même inférieurs aux moyennes d’Afrique subsaharienne. Comme beaucoup d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le Congo s’efforce de combattre la pauvreté en intégrant les populations en marge du système financier formel. La diffusion rapide des technologies de l’information et de la communication dans les pays africains se traduit par la croissance du nombre d’abonnés de téléphonie mobile et d’utilisateurs d’ordinateurs personnels et par un accès à Internet plus rapide que dans d’autres régions en développement du monde14. Aujourd’hui, les services bancaires par téléphone portable ouvrent la possibilité de couvrir de vastes marchés de manière efficace et efficiente.

La présente section avance l’argument selon lequel le développement des circuits financiers et un secteur financier plus inclusif au Congo pourraient contribuer à réduire la pauvreté et à relever les niveaux de vie. À partir des informations tirées d’une vaste base de données de la Banque mondiale, elle souligne la problématique de l’inclusion et du développement financiers au Congo et examine diverses pistes, dont celle liée à l’atténuation des risques financiers. Cette section situe l’accès aux services financiers en République du Congo dans le contexte de l’Afrique subsaharienne en comparant plusieurs indices au plan international et en examinant le rôle des nouvelles technologies dans la promotion de l’inclusion financière, l’accent étant mis sur le potentiel qu’offre la banque mobile pour le pays15.

Analyse comparative

Le développement insuffisant des services financiers et les retards en matière d’inclusion financière sont des problèmes chroniques en République du Congo, comme dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne. Il ressort d’études récentes que l’Afrique subsaharienne accuse un «déficit de développement financier» par rapport à des pays se trouvant à un stade de développement économique général similaire16. Seulement 9 % de la population congolaise adulte possède un compte formel, soit un chiffre inférieur à la moyenne de la CEMAC (graphique 14, panneau 1). L’inclusion financière peut également être mesurée à partir du contraste entre les pauvres et les nantis «bancables»17. Au Congo, 20 % des «nantis» ont un compte formel, contre 1,1 % des «pauvres». Le ratio pauvres/nantis bancables est de 18 environ, ce qui fait du Congo l’un des pays ayant l’inclusion financière la plus basse d’Afrique subsaharienne (graphique 14, panneaux 2 et 4).

Graphique 14.République du Congo: statistiques d’inclusion financière

Note: CAR = République Centrafricaine, CMR = Cameroun, CEMAC = Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, TCD = Tchad, COG = République du Congo, GAB = Gabon

Source: Base de données Global Index (Banque mondiale) et calculs des services du FMI.

Le manque d’accès financier et l’inégalité au regard de la richesse sont étroitement liés. Par exemple, l’accès aux prêts et aux assurances crée des opportunités hétérogènes pour les entreprises et la croissance18. De plus, une diversification des sources de revenus, en incluant intérêts et dividendes, peut accroître les rendements et la richesse19. Autrement dit, lorsque les «nantis» jouissent d’un meilleur accès aux services financiers que les «pauvres», ils ont de meilleures chances de s’enrichir, déséquilibrant ainsi la répartition du revenu. Le dernier coefficient de Gini rapporté par la Banque mondiale (0,39 en 2011) indique que l’inégalité de revenu au Congo est semblable à celle du Cameroun, du Gabon et du Tchad. Le manque de profondeur du secteur financier peut s’expliquer par l'absence de progrès au regard de la disponibilité d’informations pour les créanciers et de la protection des droits des investisseurs (Singh, Kpodar et Ghura, 2009).

Le rapport entre l’inclusion financière et l’inégalité entre les sexes révèle une tendance claire en Afrique subsaharienne. Au Congo, les femmes ont nettement moins accès aux services financiers que les hommes. Seulement 6,8 % des femmes possèdent un compte financier formel, contre 11,3 % des hommes. Le ratio hommes/femmes détenteurs de comptes est de 1,66 environ et il est beaucoup plus élevé que dans les pays émergents et pionniers d’Afrique subsaharienne, où il n’est que de 1,22 (graphique 14, panneau 3)20.

La banque mobile, comme alternative aux formes classiques de services financiers, est bien représentée au Congo (voir graphique 14, panneau 5). Selon un sondage récent, près de 40 % de la population adulte a déjà utilisé des services de téléphonie mobile pour effectuer des opérations financières: règlement de factures, virement de fonds ou emprunt. C’est le deuxième pourcentage le plus élevé de la CEMAC et de la zone franc, derrière le Gabon et le quatrième en Afrique subsaharienne (selon la base de données Global Findex, Demirgüç-Kunt et Klapper, 2012b).

La proportion d’adultes disposant d’une épargne formelle est de 5,5 % environ au Congo. Par rapport au reste de la CEMAC, seule la République Centrafricaine présente un pourcentage plus faible. Pourtant, le potentiel est très élevé. Plus de 30 % de la population a une épargne, pour la plupart informelle. Ce ratio classe le Congo au deuxième rang de la CEMAC. Le gros de cette épargne pourrait être transféré dans des établissements formels, plus sûrs et officiellement réglementés (graphique 14, panneau 6).

Pour les personnes consultées, la contrainte la plus importante à l’ouverture d’un compte formel est le manque d’argent (graphique 15, panneau 1). Cette contrainte est invoquée avec une fréquence supérieure à la moyenne de la CEMAC, de l'Afrique subsaharienne et des pays pionniers. À cet égard, il est reproché aux banques du Congo d’imposer des exigences rigoureuses (par exemple, de documentation) et des frais de service élevés (par exemple, d’ouverture et de tenue de compte) par rapport à ceux d’autres banques de la région. Ces coûts de transaction élevés sont sans doute liés à des frais généraux relativement élevés (graphique 16) au Congo.

Graphique 15.République du Congo: analyse des liens entre accès aux services financiers et développement

Sources: Base de données Global Index (Banque mondiale) et calculs des services du FMI.

Graphique 16.Principaux indicateurs de développement et de risques financiers

Note: CAR = République Centrafricaine, CMR = Cameroun, GNQ = Guinée Équatoriale, TCD = Tchad, COG = République du Congo,

GAB = Gabon, SEN = Sénégal, CIV = Côte d’Ivoire.

Source: Base de données des indicateurs du développement dans le monde, autorités nationales et calculs des services du FMI.

Il existe un rapport étroit entre le niveau de vie moyen (mesuré en PIB par habitant) et l’accès aux services financiers en Afrique subsaharienne (graphique 15, panneau 2). La CEMAC est à la traîne des autres pays africains. En ce qui concerne le Congo, l’accès financier correspondant à son niveau de revenu est bien inférieur à la moyenne d’Afrique subsaharienne. Par rapport aux autres pays d’Afrique subsaharienne, plus de 20 % de la population adulte devrait avoir accès aux services financiers, au regard de cet indice. De même, la comparaison avec l’indice de développement humain fait ressortir un niveau potentiel de 28 % de la population (graphique 15, panneau 4).

L’offre de services financiers (représentée par le nombre d’agences de banques commerciales par habitant) correspond à la moyenne d’Afrique subsaharienne au regard du nombre de comptes financiers au Congo. En termes de réseaux bancaires, le Congo se trouve au bas du classement. Les pays de la région ayant des réseaux plus développés, comme le Gabon (plus du double d’agences par habitant) présentent une valeur nettement supérieure d’accès financier (environ 19 %).

Encadré 2.Banque mobile

Avec la rapide pénétration de la téléphonie mobile, la banque mobile (ou monnaie électronique) devient un produit financier novateur en République du Congo et dans la CEMAC. Fin 2013, seules deux banques étaient actives au Congo: la BGFI et Ecobank, chacune collaborant avec un opérateur de télécommunications (Airtel et MTN Congo). Le marché a récemment été libéralisé et les opérateurs peuvent désormais collaborer avec plusieurs établissements financiers.

Le marché de la banque mobile s’est considérablement développé ces dernières années et a renforcé l’accès aux services financiers. Le nombre d’utilisateurs actifs de l’une des banques a presque triplé l’an dernier. En 2013, sa base monétaire électronique se chiffrait en moyenne à 385 millions FCFA et le volume des opérations a culminé au troisième trimestre à quelque 8,5 milliards FCFA (graphique 2.1).

Graphique 2.1.Évolution de la banque mobile d’une banque congolaise

Sources: BEAC et estimation du FMI.

Les frais sont plus compétitifs que ceux des services bancaires classiques. Les opérations entre un compte bancaire classique et un compte mobile sont gratuites. Pour les opérations inverses, les frais dépendent du montant viré et peuvent descendre à 0,2 %. L’opération la plus coûteuse est le retrait d’espèces, dont les frais peuvent aller jusqu’à 4 %.

Les risques liés à la banque mobile sont surtout d’ordre opérationnel. L’opérateur de télécommunications doit garantir la base monétaire sur un compte de garantie bloqué auprès de la banque partenaire. Compte tenu de la progression régulière du nombre d’opérations, les risques opérationnels pourraient être réglés en (Khiaonarong 2014):

  • incluant les transferts mobiles dans le cadre réglementaire du système de paiements pour assurer la protection des clients;
  • actualisant la couverture des risques opérationnels, par exemple lorsque l’intégrité du système risque d’être perturbée ou compromise, avec l’entrée d’autres opérateurs sur le marché;
  • prenant des mesures de LBC/FT pour protéger les systèmes de paiements mobiles contre la criminalité financière ; et
  • en coordonnant les paiements transfrontaliers avec les autres pays de la CEMAC et, en particulier, les contrôles des risques des systèmes de paiements interbancaires.

Le secteur bancaire manque de profondeur, demeure restreint et concentré et présente des frais généraux relativement élevés:

  • Bien que les dépôts et le crédit se soient développés rapidement ces dernières années, ils demeurent faibles par rapport au PIB (graphique 16)21. La croissance des dépôts tient à l’intensification (hausse) des opérations liées à l’émission de nouveaux instruments. Les dépôts sont à court terme, ainsi que les prêts, ce qui évite une asymétrie des échéances. Le crédit au secteur privé, nettement inférieur aux repères de 2012 pour les pays à faible revenu, demeure négligeable, autour de 10% du PIB22. L’intermédiation bancaire, qui devrait être un aspect essentiel de la financiarisation et de la croissance économique, ne s’est pas encore fermement établie au Congo23. Par ailleurs, le ratio dépôts/PIB se situait à 25 % fin 2013. Dès lors, le ratio prêts/dépôts, qui se monte à l’heure actuelle à 40 % du PIB, a connu une timide progression depuis 2005, et reste inférieur aux valeurs de référence de pays comparables.
  • Le secteur financier est dominé par les banque commerciales, principalement des filiales privées d’établissements étrangers. Le nombre de banques est passé de six en 2010 à dix en 2013, y compris la Banque congolaise de l’Habitat, établissement public, et la Banque postale du Congo, qui est entrée en service en janvier 2013. Les trois plus grandes banques commerciales regroupent près de 60 % du total des actifs du système bancaire, nettement en-deçà des repères et de tous les autres pays de la CEMAC. Pourtant, le développement du réseau bancaire commercial n’a pas été robuste et le nombre d’agences des banques commerciales demeure nettement inférieur aux repères des pays comparables.
  • Les frais généraux demeurent élevés par rapport aux autres pays de la CEMAC mais aussi par rapport aux repères. Les contraintes de l’infrastructure financière contribuent au niveau élevé des frais généraux, qui ont connu une augmentation par rapport aux données de 2005. Les lacunes d’information en matière de crédit entraînent une hausse des frais de vérification de la solvabilité pour les établissements financiers, d’où une hausse des frais généraux. La facilité d’application des contrats est tout aussi importante, ainsi que les frais afférents. Plus la réalisation des garanties est longue et plus le processus est incertain et onéreux, plus la valeur réelle des garanties fournies par l’emprunteur est faible et plus la prime de risque imputée par la banque au prêt est élevée.

Les banques restent très liquides (tableau 2). Par ailleurs, les banques maintiennent d’importants dépôts à la BEAC. Cet excédent de liquidité des banques vient surtout de la difficulté à trouver suffisamment d’opportunités de prêt, de l’absence d’un marché intérieur des titres de créance, de l’inexistence d’un cadre juridique approprié et de l’absence d’un système judiciaire bien rodé. Toutefois, une banque congolaise a souscrit à des émissions d’obligations gabonaises et camerounaises. Elle a notamment pris part à plus de 11 % des émissions au Cameroun, de novembre 2011 à novembre 2013, et à 15 % de l’émission des bons du Trésor gabonais en 2013. Ces opérations indiquent que les banques de la région sont à la recherche de rendements et qu’il est nécessaire de développer un marché régional des titres d’État.

Tableau 2.Indicateurs de solidité financière du secteur bancaire, 2009–13
20092010201120122013
(pourcentage en fin d’exercice)
Niveau de fonds propres
Fonds propres réglementaires/actifs pondérés en fonction des risques19,013,19,912,711,9
Pourcentage de banques à 10 % ou plus100,083,357,177,870,0
Pourcentage de banques entre 6 et 10016,728,611,120,0
Pourcentage de banques à moins de 6 %014,314,311,110,0
Fonds propres (nets)/actifs6,08,07,07,79,6
Qualité des actifs
Emprunts en devises/total des emprunts2,08,712,50,80,4
Prêts échus/prêts bruts1,21,00,4n.an.a
Prêts improductifs1,51,11,22,92,3
Provisions en pourcentage des prêts échus91,060,075,360,058,7
Bénéfices et rentabilité
Bénéfice net (avant impôts)/produit net33,645,442,832,035,1
Rendement des actifs1,91,81,41,31,9
Rendement du produit23,322,019,717,420,8
Coût/produit59,067,471,680,989,9
Liquidité
Actifs liquides/total de l’actif59,051,442,737,229,1
Actifs liquides/engagements à court terme270,0245,0196,4172,4142,7
Prêts/dépôts39,040,639,242,459,3
Actifs liquides/total des dépôts68,061,149,442,234,2
Réserves excédentaires/masse monétaire au sens large14,038,020,016,027,0
Sources: autorités congolaises; calculs des services du FMI.
Sources: autorités congolaises; calculs des services du FMI.

Le marché congolais de l’assurance s’est nettement développé ces dernières années, impulsé par l’essor économique du pays. Quatre sociétés sont aujourd’hui implantées sur le marché. Fin juin 2013, le chiffre d’affaires collectif se montait à 25,8 milliards FCFA. Pour 2013, les prévisions de chiffre d’affaires des quatre sociétés se montaient à 16,1 milliards FCFA. Trois grands facteurs expliquent cette expansion: l’ouverture du marché à la concurrence, le développement structurel (progression d’un taux de pénétration d’à peine 0,6 % en 2012) et l’expansion des besoins en assurances en 2013. Outre les polices de responsabilité civile automobile et la couverture des risques de construction, une couverture a été imposée aux marchandises importées, ce qui a créé les conditions pour le développement de l’assurance des transports.

Le système bancaire est sain et présente une conformité satisfaisante aux ratios prudentiels de la CEMAC (voir tableau 2). Le ratio prêts improductifs/total des prêts est resté peu élevé durant la dernière décennie et les banques ont maintenu des fonds propres supérieurs au minimum requis (8 %). Néanmoins, la croissance rapide du crédit, tirée par l’activité dans le BTP, les transports, les télécommunications et le tourisme, présente des risques car les banques pourraient relâcher les normes pour tenter d’augmenter leur part de marché. De plus, certaines banques ne respectent pas les seuils relatifs aux prêts individuels. Bien que la rentabilité présente une trajectoire remarquable depuis quelques années dans un système bancaire en rapide croissance, le rapatriement des dividendes et des bénéfices a également été élevé, ce qui met en évidence le niveau limité des placements intérieurs. Les ratios de rendement des actifs et des fonds propres se sont améliorés en 2013, atteignant respectivement 1,9 et 20,8. Nonobstant la diminution des prêts improductifs, qui sont descendus à 2,3 % en 2013, contre 2,9 % en 2012, le provisionnement de ces prêts a continué à se détériorer en 2013.

L’environnement de la microfinance au Congo est en expansion, dominé par le réseau de mutuelles d’épargne et de crédit (MUCODEC), et il reste relativement concentré à Brazzaville et à Pointe Noire24. Le secteur regroupe 62 établissements, dont la majorité se trouve à Brazzaville (23) et à Pointe Noire (13). En outre:

  • Les MUCODEC représentent plus de la moitié de tous les établissements de microfinance (33). De 2009 à 2012, la clientèle de ce secteur a augmenté de 10 % en moyenne, passant à 344.00 clients fin 2012. Près des quatre cinquièmes des clients sont affiliés au réseau MUCODEC. Ce secteur emploie 1.499 personnes, dont un tiers travaillent pour les MUCODEC.
  • Pour la période 2009-2012, le taux de croissance des dépôts (en moyenne 17 % par an) a surpassé celui du crédit (2 %). Les dépôts sont passés de 125,3 milliards FCFA en 2009 à 191,9 milliards en 2012, plus de 80 % correspondant aux MUCODEC. Si le crédit a augmenté de 7 % de 2011 à 2012, les dépôts ont progressé de 20 %. Plus de 80 % des crédits sont octroyés par les MUCODEC.

La microfinance revêt une importance croissante en République du Congo et, à ce stade, une mise en œuvre effective des règles prudentielles par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC, institution chargée de la supervision et de la réglementation bancaire au sein de la CEMAC) est essentielle. La microfinance représente une proportion importante et sans doute croissante des dépôts et des crédits, mais son volume exact reste difficile à évaluer. Toutefois, il convient de continuer à renforcer les pratiques de gouvernance et de gestion ainsi que le cadre réglementaire du secteur.

L’action à venir devrait inclure des mesures portant sur les principaux obstacles à l’accès financier. L’amélioration des textes de loi, des droits de propriété et de la documentation (par exemple, ceux liés à l’établissement d’une centrale nationale des risques opérationnelle et à l’enregistrement des titres fonciers) devraient améliorer l’accès à la finance. Les efforts visant à créer un environnement propice à la microfinance et à la banque mobile devraient se poursuivre afin d’encourager la collaboration entre les banques commerciales, les établissements de microfinance et les opérateurs de télécommunications. La mise en œuvre en cours d’un système de paiement électronique pour les impôts et les services d’utilité publique doit se poursuivre et il faut encourager le développement du réseau d’agences bancaires25.

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